Split Fiction est un jeu qui donne immédiatement envie d’appeler quelqu’un dans le salon. Hazelight ne propose pas une aventure où deux joueurs avancent côte à côte : chaque niveau leur demande de s’écouter, de se synchroniser et de s’entraider. La grande réussite du studio est de renouveler sans cesse la manière de le faire.
Une aventure pensée pour être vécue à deux
Mio et Zoe ne peuvent pas progresser seules. Une joueuse ouvre la voie, l’autre observe la mécanique, prépare le terrain ou déclenche l’action qui débloque la suite. Cette dépendance est toujours lisible : si un passage pose problème, le duo peut prendre le temps de l’expliquer, de montrer le geste attendu ou de laisser l’autre essayer à son rythme.
C’est ce qui rend Split Fiction si agréable en famille, entre frères et sœurs, ou entre un parent et un adolescent. On ne partage pas seulement une manette ou un écran ; on construit un souvenir commun, fait de petites victoires, de fous rires et de solutions trouvées à deux. Le jeu reste classé PEGI 16 : il convient donc davantage à des ados et à des joueurs assez grands qu’aux très jeunes enfants.

La variété comme moteur de l’aventure
Course, plateforme, tir, vol, énigmes, combats et affrontements de boss : Split Fiction refuse de s’installer durablement dans une formule. Une séquence donne des pouvoirs inédits aux deux héroïnes, la suivante les place dans un véhicule ou dans une situation absurde qui exige une nouvelle coordination. Cette succession pourrait sembler dispersée ; elle devient au contraire la meilleure raison d’avancer.
Le jeu sait changer d’idée avant que celle-ci ne s’use. Les mécaniques ne sont pas des mini-jeux plaqués entre deux cinématiques : elles racontent les mondes de science-fiction et de fantasy traversés par Mio et Zoe. Chaque chapitre réveille la curiosité du duo, qui veut voir quelle trouvaille attend derrière le prochain portail.

S’aider plutôt que se gêner
Le meilleur aspect de Split Fiction est sa façon de faire de la coopération un réflexe naturel. Lorsqu’une énigme devient moins évidente pour l’un des joueurs, l’autre peut patienter, indiquer un détail ou prendre en charge sa partie de la mécanique. À l’inverse, une personne moins à l’aise avec l’action peut trouver sa place dans les séquences d’observation, de plateforme ou de réflexion.
Le jeu local en écran partagé reste la manière la plus chaleureuse de découvrir cette aventure. Mais le Friend’s Pass, le jeu en ligne et le cross-play permettent aussi d’inviter facilement un proche à distance. Une seule copie peut ainsi suffire pour commencer l’aventure à deux, selon les conditions d’EA et de la plateforme.

Une mise en scène qui relance sans cesse l’émerveillement
Hazelight soigne les transitions et les changements d’échelle. Un décor impressionnant, une créature inattendue ou un nouveau pouvoir suffisent à relancer la surprise. Les deux univers n’ont pas seulement une palette différente : ils imposent des rythmes, des dangers et des façons de jouer qui leur appartiennent.
La version française participe pleinement au plaisir du partage. Les dialogues restent faciles à suivre pour les joueurs qui ne veulent pas lire des sous-titres entre deux actions, et les réactions des héroïnes accompagnent bien les situations les plus décalées. Le résultat est un jeu très accessible dans sa coopération, même lorsqu’il demande un peu d’adresse.

SPLIT FICTION
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