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The Adventures of Elliot : le HD-2D de Square Enix fonctionne-t-il enfin comme un vrai jeu d’action ?

Illustration originale d’un héros combattant un monstre tandis qu’une fée révèle un chemin lumineux
Illustration originale Playactu : l’action et l’exploration au cœur de l’aventure.

The Adventures of Elliot : The Millennium Tales ne cherche pas à devenir un nouvel Octopath Traveler. Il reprend l’écrin HD-2D de la Team Asano, mais abandonne le tour par tour pour un action-RPG vu du dessus, où l’esquive, la lecture des distances et la curiosité comptent à chaque instant. Le pari est ambitieux : faire bouger un style visuel déjà familier au rythme d’un jeu d’aventure. Et, dans l’ensemble, il fonctionne.

Le HD-2D devient enfin un langage d’action

Dans The Adventures of Elliot, le décor n’est plus seulement une belle scène autour de combats au tour par tour : il devient un espace à lire en mouvement. Elliot attaque, se place, évite et cherche des ouvertures sans attendre son tour. Cette différence paraît évidente sur le papier, mais elle change vraiment la manière dont on regarde les environnements. Une clairière, un couloir de donjon ou une salle de boss ne sont pas de simples fonds somptueux : ils dictent les trajectoires, les angles d’approche et le timing.

Le jeu doit beaucoup aux classiques de l’action-aventure en vue de dessus. Le rapprochement avec Zelda est naturel, surtout lorsque les donjons invitent à observer un mécanisme, à revenir avec une nouvelle capacité ou à relier une énigme à un combat. Mais Elliot ne gagne pas à être résumé à un « Zelda-like HD-2D ». Sa force vient plutôt de l’utilisation de la profondeur, des effets de lumière et des sprites pour rendre l’action lisible sans perdre le charme miniature qui a fait la réputation de la formule.

Faie n’est pas une mascotte : elle donne son rythme au jeu

La vraie idée du jeu tient dans le rôle de Faie. La fée n’accompagne pas Elliot uniquement pour commenter les scènes : ses pouvoirs servent autant à déplacer le héros, ouvrir un passage, atteindre un interrupteur que créer un avantage pendant un affrontement. Le binôme oblige à penser l’espace autrement. Là où un action-RPG traditionnel se contente souvent d’ajouter une compétence de mobilité, ici la progression passe par ce dialogue entre le héros au sol et la compagne capable de contourner l’obstacle.

Ce système apporte de la variété aux phases d’exploration et évite que les nouveaux pouvoirs ne ressemblent à une simple liste de clés. En combat, Faie peut aussi soutenir l’offensive et rendre certaines situations plus souples. C’est une bonne réponse au risque de monotonie : l’action reste immédiate, mais elle ne se réduit pas à frapper jusqu’à vider une barre de vie.

Illustration originale : une fee active un cristal et cree un pont magique dans un sanctuaire
Illustration originale Playactu : Faie utile pour explorer et resoudre des enigmes.

The Adventures of Elliot ou Zelda : la comparaison est utile, pas suffisante

Oui, les donjons, les objets utiles à l’exploration et la vue de dessus évoquent immédiatement Zelda. La comparaison aide à comprendre le plaisir de jeu, mais elle peut aussi masquer ce qui rend Elliot intéressant : son identité repose sur un monde traversé par les époques et sur un duo qui fait évoluer les possibilités de déplacement. Le jeu préfère la sensation d’avancer dans une aventure dense à la pure liberté d’un monde ouvert.

Ce cadre lui convient. L’exploration récompense l’attention sans transformer chaque détour en longue liste de tâches. Les zones donnent envie de vérifier un détail aperçu plus tôt, puis de revenir avec l’outil qui manquait. C’est ce lien entre combat, découverte et déverrouillage qui rend la progression convaincante.

Une progression plus directe que dans Octopath Traveler 2

Les joueurs habitués aux choix de groupe, aux faiblesses et aux ruptures de défense d’Octopath Traveler 2 ne retrouveront pas la même grammaire. Si vous revenez au JRPG au tour par tour, notre guide pour réveiller le pêcheur endormi dans Octopath Traveler 2 rappelle à quel point cette série privilégie la préparation. Elliot, lui, cherche une progression plus physique : l’équipement et les capacités élargissent surtout ce que l’on peut faire tout de suite dans le monde.

Ce choix rend les gains plus concrets. Une amélioration ne se lit pas seulement dans une fiche de statistiques ; elle peut raccourcir un trajet, rendre un ennemi moins oppressant ou révéler une solution qui n’existait pas quelques heures plus tôt. Le système de combat conserve une place pour l’observation, notamment face aux boss, mais il demande d’abord de rester présent dans l’action.

Une aventure généreuse, avec quelques longueurs

Le passage à l’action est une réussite, mais il ne règle pas toutes les faiblesses de structure. Certains enchaînements peuvent donner une impression de répétition et le récit ne trouve pas toujours le même élan que la réalisation artistique. Les joueurs qui recherchent avant tout une histoire très surprenante pourront rester sur leur faim ; ceux qui veulent une aventure confortable, imaginative et régulièrement renouvelée par ses outils y trouveront davantage leur compte.

La difficulté mérite également d’être ajustée selon l’envie de défi. Le jeu préfère inviter à expérimenter plutôt que punir lourdement l’échec, ce qui rend l’exploration agréable. Pour les combats les plus exigeants, la leçon n’est pas si éloignée de celle de notre guide du boss Trousseau dans Octopath Traveler 2 : repérer les fenêtres sûres et préparer la bonne réponse reste plus efficace que de s’obstiner.

Verdict : un action-RPG HD-2D qui trouve son rythme

Infographie Playactu résumant les points forts et les réserves du test The Adventures of Elliot
Verdict Playactu : les points qui font la différence, et ceux à garder en tête.

Ce qui convainc

  • Une action en temps réel lisible, qui donne du relief au HD-2D.
  • Faie, utile dans les combats comme dans les énigmes et l’exploration.
  • Des donjons et des boss qui récompensent l’observation.

À garder en tête

  • Un rythme qui peut s’essouffler sur certains enchaînements.
  • Une histoire parfois moins marquante que sa direction artistique.

Notre recommandation : The Adventures of Elliot mérite l’attention des joueurs qui cherchent un action-RPG en vue de dessus, des donjons pensés pour la curiosité et une progression portée par les pouvoirs de Faie. Il ne remplace ni Zelda ni Octopath Traveler 2 : il transforme plutôt l’ADN HD-2D de Square Enix en aventure plus immédiate, plus mobile et plus tournée vers l’exploration.

En revanche, il faut y aller pour son rythme de jeu et son duo de héros, pas uniquement pour un grand récit. C’est là que le titre trouve sa meilleure place : une aventure généreuse et élégante, dont les meilleures séquences donnent enfin au HD-2D une vraie énergie d’action.

Rédigé par Oren

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